N° 02 · Les volontaires
Bataillon du Pacifique
Marins
Aviateurs
Les Tamari’i Volontaires
De jeunes Polynésiens aux côtés de la France Libre, 1940-1945.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, de jeunes Polynésiens ont quitté leurs îles pour combattre aux côtés de la France Libre : ce sont les Tamari’i Volontaires. Soldats, marins ou aviateurs, ils ont fait la guerre à des milliers de kilomètres du fenua, en Afrique, en Europe ou dans le Pacifique.
01 · 1940-1941
Le ralliement
Septembre 1940 : les Établissements français de l’Océanie choisissent la France Libre.
En septembre 1940, les Établissements français de l’Océanie (EFO) se rallient à la France Libre du général de Gaulle. Julien Allain, par exemple, s’engage dans les Forces françaises libres dès le 5 septembre 1940.
Entre janvier et mars 1941, cent Tahitiens s’engagent dans les Forces navales de la France Libre.
« Nous avons quitté Tahiti le 31 mars 1941 sur le Wairuna, direction Fidji puis la Nouvelle-Zélande. »
Matthew Turner Chapman, volontaire de 1941
02
Trois chemins d’engagement
Sur terre, sur mer et dans les airs.

Terre
Le Bataillon du Pacifique
Formé de Tahitiens et de Néo-Calédoniens, le Bataillon du Pacifique combat jusqu’en Afrique. Au sein de la Brigade française libre du général Koenig, il participe à la bataille de Bir Hakeim, l’une des plus importantes de la guerre.
On le surnomme « le bataillon des guitaristes », parce que ses soldats jouent de la musique et dansent beaucoup. Leur courage au combat est reconnu par leurs alliés comme par leurs ennemis.

Mer
Les marins
Trois navires de guerre ont transporté des Tahitiens : le Triomphant, le Chevreuil et le Cap des Palmes. Ils ont navigué entre l’Australie et l’Europe.
Des Tahitiens ont aussi participé aux combats de l’île de Guadalcanal, qui ont opposé Américains et Japonais.

Air
Les aviateurs
D’autres rejoignent les Forces aériennes françaises libres. Arrivés en Nouvelle-Zélande, plusieurs volontaires engagés dans la marine passent dans l’aviation, qui manque d’hommes.
Parmi les noms cités par Matthew Turner Chapman : Julien Allain, Eugène Aubry, Ernest Gournac, René Machecourt, Tavi Kainuku, les frères Tracqui, Charley Cowan, Marcel Hugon, Gilles Paquier, Natapu Mara et « Rico » Lagarde.
Illustrations : Jean-Christophe Teva Shigetomi, Tamari’i Volontaires, reproduites avec l’accord de l’auteur.


03
Portraits
Réalisés par les élèves de Terminale STMG et de BTS NDRC.

Natapu Mara
Né en 1922 à Rurutu, il devient radio-mitrailleur. Son grand-père lui avait donné le prénom Nuutaivava, qui veut dire : « si un jour tu tombes à la mer, tu émergeras ». En 1943, son avion tombe à la mer ; il sauve le pilote qui était avec lui, en nageant et en plongeant.
Le 3 octobre 1943, il participe avec Tavi Kainuku et René Machecourt au bombardement de la centrale électrique de Chevilly-Larue, près de Paris, au sein du groupe Lorraine.

Félix Lagarde
Surnommé « Lico », il voyage dans différents pays et devient pilote. Pendant la guerre, il effectue des vols et des bombardements sur l’Allemagne. Après la guerre, il meurt dans un accident d’avion au Venezuela, en Amérique du Sud.

Guy Juventin
Né en 1922 à Papeete, il voit arriver l’un des premiers avions à Tahiti, un hydravion qui se pose sur l’océan. Il devient pilote de chasse dans l’aviation britannique. De retour au fenua, il participe au développement de l’aéroport de Tahiti et à la création de celui d’Uturoa.

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Pour aller plus loin

- Jean-Christophe Shigetomi, Tamari’i Volontaires – Les Tahitiens dans la Seconde Guerre mondiale, Api Tahiti, 2015.
- Philippe Leydet, Les Polynésiens dans la France Libre et Les Compagnons de la Libération polynésiens. [Références complètes — À COMPLÉTER]
- Le parcours de Julien Allain : voir la page Julien Allain.